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La libération du capital d’une SASU

Une société par actions simplifiée (SASU) a, comme toutes les sociétés, un capital social. Ce dernier, qui figure dans les statuts, se compose d’apports d’argent et/ou d’apports de biens. Des règles spécifiques encadrent le déblocage des fonds (apports en numéraire), qui correspond à la libération du capital social. Voici celles applicables à la SASU.

Libération du capital : les différents apports possibles en SASU

Un associé unique de SASU peut effectuer trois types d’apport au capital social : les apports en numéraire (les plus courants), les apports en nature et les apports en industrie (assez rares).

Seuls les apports en numéraire (somme d’argent) et les apports en nature (bien matériel/immatériel, mobilier/immobilier) formeront le capital social. Les apports en industrie (connaissances, compétences, savoir-faire, carnet d’adresses) ne l’intègrent pas.

Nature de l’apportAutorisé en SASU ?Intègre le capital social ?
Apport en numéraireOuiOui
Apport en natureOui
Apport en industrieNon

La libération du capital d’une SASU lors de la constitution

Les règles à respecter en matière de libération du capital social lors de la constitution d’une SASU sont relativement simples. Elles dépendent de la nature de l’apport : apport d’un bien ou apport d’argent.

En ce qui concerne les apports en nature, ils doivent être intégralement libérés immédiatement. Cela signifie que l’associé unique doit effectivement apporter les biens qu’il a promis à sa société et les mettre à sa disposition. Il doit la laisser en disposer librement et les utiliser conformément aux dispositions prévues. Lorsque le capital est majoritairement composé d’apports en nature (plus de 50%) ou qu’il comprend un important apport (au moins 30 000 euros), il convient de nommer un commissaire aux apports. Ce dernier va vérifier l’évaluation faite de chaque apport.

Pour les apports en numéraire, l’associé unique peut effectuer une libération non-intégrale. On appelle cela une libération partielle. Il peut ne verser que la moitié des apports d’argent qu’il s’est engagé à faire lors de la constitution. Le président va recueillir les souscriptions et trouver un établissement pour y déposer les fonds. Il peut s’agir d’une banque, d’un notaire ou de la caisse des dépôts et consignations. Il ouvrira un compte temporaire au nom de la SASU. Cette dernière pourra ensuite être créée. La présentation de l’extrait Kbis permettra de débloquer les fonds.

Attention toutefois, la non-libération intégrale du capital social d’une SASU peut avoir des conséquences potentiellement pénalisantes. Par exemple, si la société clôture un exercice social et qu’elle réalise des bénéfices, elle ne peut bénéficier du taux réduit de l’impôt sur les sociétés (IS) de 15%. Elle ne pourra, par ailleurs, distribuer des dividendes à l’associé unique. Enfin, elle n’aura pas le droit de déduire de son résultat les intérêts rémunérant les apports en compte courant de l’associé unique.

La libération du capital d’une SASU en cours de vie sociale

La libération du capital initialement souscrit lors de la constitution (mais non-libéré à cette date) s’effectue sur la base d’un appel lancé par le président de la SASU. Souvent, l’associé unique d’une SASU exerce également les fonctions de président, ce qui permet à la société de s’affranchir du formalisme que celui induit.

Il ressort des règles présentées ci-dessus que la fraction de capital libérée en cours de vie sociale peut être comprise entre 0 et 50% du montant des apports en numéraire. La libération prend, tout simplement, la forme d’un versement sur le compte bancaire de la société (par chèque ou virement par exemple).

Il existe, en principe, une date butoir à respecter. La libération du solde doit intervenir, en une ou plusieurs fois, dans les 5 ans suivant la date d’immatriculation de la SASU. Passé ce délai et en cas d’inaction du président, toute personne intéressée peut demander au président du tribunal, statuant en référé, de débloquer la situation.

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